expérience des rats nageurs

Le texte présenté ci-après est tiré d’un livre de Bernard Werber : L’encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu ( octobre 200 ).

« Une expérience a été réalisée sur des rats. Pour étudier leur aptitude à nager, un chercheur du laboratoire de biologie comportementale de Nancy, Didier Desor, en a réuni six dans une cage dont l’unique issue débouchait sur une piscine qu’il leur fallait traverser pour atteindre une mangeoire distribuant des aliments. On a rapidement constaté que les six rats n’allaient pas chercher leur nourriture en nageant de concert. Des rôles sont apparus qu’ils s’étaient ainsi répartis : deux nageurs exploités, deux non-nageurs exploiteurs, un nageur autonome et un non-nageur souffre-douleur.

Les deux exploités allaient chercher la nourriture en nageant sous l’eau. Lorsqu’ils revenaient à la cage, les deux exploiteurs les frappaient et leur enfonçaient la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’ils lâchent leur magot. Ce n’est qu’après avoir nourri les deux exploiteurs que les deux exploités soumis pouvaient se permettre de consommer leurs propres croquettes. Les exploiteurs ne nageaient jamais, ils se contentaient de rosser les nageurs pour être nourris.

L’automne était un nageur assez robuste pour ne pas céder aux exploiteurs. Le souffre-douleur, enfin, était incapable de nager et incapable d’effrayer les exploités, alors il ramassait les miettes tombées lors de combats. La même structure – deux exploités, deux exploiteurs, un autonome et un souffre-douleur – se retrouva dans les vingt cages où l’expérience fut reconduite.

Pour mieux comprendre ce mécanisme de hiérarchie, Didier Desor plaça six exploiteurs ensemble. Ils se sont battus toute la nuit. Au matin, ils avaient recréé les mêmes rôles. Deux exploiteurs, deux exploités, un souffre-douleur, un autonome. Et on a obtenu encore le même résultat en réunissant six exploités dans une même cage, six autonomes, ou six souffre-douleurs.

Autre prolongation de cette recherche, les savants de Nancy ont ouvert par la suite les crânes et analysé les cerveaux. Or les plus stressés n’étaient ni les souffre-douleur, ni les exploités, mais les exploités. Ils redoutaient de ne plus être obéis par les exploités. »

Après les vérifications d’usage, il est certain que cette expérience est authentique mais sa validité transposée aux êtres humains est quelquefois contestée. Les conclusions nous appartiennent. (GUY FAURE)